Lola Sorrenti
Conseil éditorial à Paris 10

Retour sur … Stage « Fabrique ton histoire et podcast »

Les ateliers d'écriture de Lola

J’ai animé le stage « Fabrique ton histoire & podcast » à l’Atelier Foliecourt. Retour sur cette semaine toute en créations sonores.

Une rencontre avec des enfants

Neuf enfants, âgés de 7 à 11 ans s’installent autour de la table en bois. Ils ont l’air sage et curieux. Au fond de leur œil brillant, je guette aussi l’impatience de me voir déballer le contenu de mon gros sac à dos noir. Ils ont hâte de comprendre ce qu’on va vraiment faire dans cet atelier sonore.

 

C’est quoi le stage « Fabrique ton histoire & podcast » ?

Au fil des jours, ils construisent un personnage, en le définissant : son caractère, son aspect physique, son histoire, ses failles...

Kondor, Émilie, Sarah, Stéphanie, l’Aventurière… chacun pose sur le papier le héros ou l’héroïne de son histoire . Et puis, ils tricotent le récit, petit à petit, pour emmener leurs personnages vers une quête, le tout en traversant des péripéties. « Péri quoi » ? : ils m’ont demandé ? Des aventures, écrivez plein d’aventures !

 

Je suis surprise de voir qu’ils écrivent beaucoup, une fois le tabou de l’orthographe tombé. Car oui, je rappelle toujours en début d’atelier que je suis pas une maîtresse et que je ne me soucie pas de leurs fautes d’orthographes. Sauf s’ils me le demandent, bien sûr. Et ils me le demandent souvent. D’eux même, une fois plongés dans le fond de l’histoire, ils sont soucieux de la forme. Les parents eux me demandent presque à chaque fois « il a bien travaillé ? », et moi de répondre tout sourire dehors (enfin, sous masque) : « on ne travaille pas, on invente une histoire ».

 

Pour construire leurs récits, ils font des détours par les jeux d’écriture : contrainte de mots, rimes, vote, style épistolaire ou texte à trous… Ils ne se brident pas. Ils osent. Le slogan de la semaine qui remporte mon coup de cœur va sans équivoque à cet enfant qui a la conscience écologique aiguisée : « tu pues, tu pètes, tu pollues la planète ! ». D’autres fois, leurs écrits sont tout en sensibilité et émotion.

 

Écrits, émotion et pudeur

Une petite fille a écrit une lettre d’amour à sa sœur. Je le sais car j’ai lu au-dessus de son épaule (oui, c’est mal !). Elle est impatiente de lire, mais au moment où il faut passer à voix haute les mots « je t’aime ma sœur, depuis le jour où je suis née », une gêne soudaine la gagne. Elle me regarde émue et me fait signe que non. Bien entendu, les enfants peuvent refuser la lecture comme la mise en voix pendant l’atelier. Je crois fort dans l’appropriation, à leur rythme, de leurs mots. Je crois en eux. Ils savent naviguer et gagner leur propre confiance en eux, dès lors que le groupe est serein.

 

Enregistrer son podcast

La deuxième partie de la semaine, l’architecture du texte est posée. Les enfants s’attèlent à la mise en voix : sons, bruitages, voix des personnages pour les dialogues…

Les mains dans les papiers et les crayons, ils mettent sur pied un scénario qu’ils découpent en parties, un plan de montage… Ils surlignent, font passer des auditions à leurs camarades d’atelier, sélectionnent, exigent : « avec une voix d’homme, dis-le ! ».

 

Ils sont autonomes et animés. Ils m’oublient. Je les guide. Je me sens chef d’orchestre mais ce sont bien eux les musiciens.

 

« Profe de podcate »

Le dernier jour, ils m’attendent en avance et avec impatience : c’est le jour de l’enregistrement final !

Ils sont excités et patients à la fois car ils savent l’importance du silence pour prendre le son. Ils trépignent et jubilent de deviner leurs histoires mutuelles.

 

L’atelier touche à sa fin. Le groupe est désormais lié. Ils ne veulent plus se quitter. Deux participantes me glissent un dessin avec ce titre : « Meilleure profe de podcate ». Oui, oui j’ai dit que je n’étais pas maîtresse d’école mais à cet instant, je suis drôlement fière d’hériter de ce titre ! Tous me remercient. Des mercis spontanés qui me touchent. J’ai moi aussi un petit pincement de les laisser.

Alors je ferme doucement la porte bleue couleur du ciel de cet incroyable Atelier Foliecourt, où la discrète mais non moins persévérante Caroline fait des paris audacieux, et ce, malgré les vagues d’incertitude successives de cette année. Pour le plus grands plaisir des enfants.

Merci à elle, pour sa confiance.


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